27 novembre 2007
L'échec mondial des néo-conservateurs
Début 2001, Georges W. Bush devenait président des États-Unis avec l’appuis des néo-cons (ne pas oublier de prononcer le s ;-) ). En septembre de la même année les terribles attentats contre le World Trate Center et le Pentagone donnent un coup d’accélérateur international aux néo-cons engagés dans un mouvement de lutte contre le terrorisme. Pour ce faire, ils s’appuient sur une série d’États proche d’eux. Ceux-ci se caractérisent par un gouvernement nettement marqué à droite, un conservatisme social, une haute idée de la place de leur pays, une volonté de lutte contre le terrorisme passant par une restriction des libertés individuelles, un alignement diplomatique sur les Etats-Unis allant jusqu’à soutenir l’intervention en Irak et une méfiance vis-à-vis des processus internationaux de lutte contre le réchauffement climatique, notamment le protocole de Kyōto.
Dans un premier temps, les thèses néo-conservatrices semble triomphante, il n’y a guère que la France, parmi les alliers traditionnels des États-Unis, pour faire entendre une voix discordante. Mais, sans entrer dans la politique intérieur des différents pays, la "révélation" des mensonges ayant justifiés la guerre (armes de destructions massives, etc.) et l’enlisement en Irak vont vite plomber les gouvernement pro-Bush.


Source Wikipédia
En Europe, peu de temps après les premières difficultés irakiennes, les gouvernements italien de Silvio Berlusconi et espagnol de José María Aznar sont battus. Plus récemment, c’est l’échec, en Pologne, du PiS de Jarosław Kaczyński. Dans tous les cas, le changement de gouvernement c’est traduit par le retrait plus ou moins rapide des troupe en Irak, une plus ou moins légère modération de l’atlantisme des Etat et un renforcement de l’engagement européen.



Silvio Berlusconi, José María Aznar et Jarosław Kaczyński
Source Wikipédia
Ce week-end, se fut le tour de l’Australie de tournée la page conservatrice, avec la défaite de John Howard et l’élection du travailliste Kevin Rudd. Là encore, les premières ruptures internationales annoncées sont le retrait des troupes d'Irak et la ratification du protocole de Kyōto.


John Howard et Kevin Rudd
Source Wikipédia
Aux États-Unis même, les néo-cons sont en mauvaise position. Au point que Georges W Bush est l'un des présidents les plus impopulaire de l'histoire étasunienne et que pour les prochaines élections présidentielles les républicains, qui ont déjà perdu la majorité au Congrès, semblent en mauvaise posture.

Georges W Bush
Source Wikipédia
Les peuples ont donc sanctionné la quasi totalité des gouvernements engagés dans l'aventure irakienne. Toutefois, deux démocraties occidentales semblent échapper à la règle, le Royaume-Uni et le Danemark. Le cas anglais est à part puisque très proche allier de Georges W Bush, il n'en est pas moins gouverné par un travailliste aux idées peu compatible avec le néo-conservatisme. Notons tout de même que le nouveau premier ministre Gordon Brown s'avère beaucoup plus prudent sur l'Irak que son prédécesseur. Le cas danois reste donc spécial puis que premier ministre conservateur (qui s'appuis sur l'extrême droite) Anders Fogh Rasmussen vient de remporter un succès aux élections de novembre 2007.



Tony Blair, Gordon Brown et Anders Fogh Rasmussen
Source Wikipédia
Cette longue série des échecs électoraux des néo-cons et leurs alliers permettra-t-elle des changements géopolitiques? Je ne veux certainement pas m'amuser au petit jeu des pronostiques. Mais on peut espérer un renforcement des institutions internationales : Union européenne, ONU, etc. une meilleurs lutte internationale contre le réchauffement planétaire et une diplomatie moins agressive et plus tournée vers des solutions de paix. A noter à ce sujet, que les États-Unis se réimplique très nettement dans le conflit israélo-palestinien.
Mais attention, l'échec des néo-conservateurs et leurs alliers ne veut pas dire nécessairement l'échec de la droite. Dans certains pays comme en Pologne, c'est une autre droite qui a remplacé les conservateurs, une droite plus libérale (dans tous les sens du terme pas seulement économique) mais une droite quand même.
Écrit le 6 frimaire an CCXVI, 27 novembre 2007
Commentaires
Le Time annonce la mort de la culture française
Bravo pour ce constat réaliste. Je tiens à vous informer que l'hebdomadaire, peut-être conscient du déclin actuel des Etats-Unis a le culot de titrer sa une: "La mort de la culture française". Mais ce qu'exporte ce pays est effectivement hyper-universel car fondé sur les instincts les plus animaux de l'homme: consommation, identitarisme, racialisme, religiosité marchande, sexe et violence, le tout servi par des moyens techno-militaires et communicationnels inouïs. Je suis scandalisé par cette arrogance, quand la laïcité, la défense de la "chose publique", de l'Etat impartial, de la langue commune, du "vivre-ensemble", la protection de la sphère privée, la santé solidaire sont des principes véritablement universels et prophétiques, qui aideraient à régler tant de problèmes dans le monde! L'échec irakien en est une des preuves. Malheureusement, notre président actuel préfère les Etats-Unis de Bush à la République française.
Je m'autorise donc à vous proposer la lecture de quelques articles sur LA FRANCE DANS LE MONDE:
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/la_france_dans_le_monde/index.html
J'espère que vous informerez au maximum vos lecteurs sur cette francophobie apparemment dominante chez les élites -et non les peuples exploités- anglo-saxonnes!
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