République et socialisme

Je n'ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans laquelle elle n'est qu'un mot. Jean Jaures

24 novembre 2008

Le congrès du PS c'est simple, suite

Qui a vraiment compris la mascarade du congrès de Reims???

J'ai pourtant essayé de suivre, j'ai vu bien peu de place pour la reconstruction du projet socialiste (bon il y a eu des discutions n'exagérons rien) et beaucoup de petites manœuvres pour faire avancer tel ou tel.

Alors, pour expliquer les choses comme je les vois je vous ai refait un petit schéma spécial Congrès de Reims pour faire suite au premier déjà largement dépassé (ça va vite...) :

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PS_Reims___2___1
PS_Reims___2___2
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15 novembre 2008

Le congrès du PS c'est simple, si, si...

Le Parti socialiste est compliqué dit-on.  Il parait que plus personne ne comprend rien aux alliances et ruptures d'alliances entre les différentes personnalités. Pourtant c'est simple, si, si j'vous jure. Bon vous me croyez pas? Allez, je vous ai fait un petit schéma explicatif, vous verrez c'est limpide ;-)

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Bon d'accord, je suis un peu dur, le débat d'idées a aussi une place. Mais les motions Royal, Aubry et Delanoë semblent si proche... Il n'y a guère que l'alliance possible avec le MoDem qui fasse débat. Mais doit-on penser aux alliances avant de monter le projet collectif? J'ai volontairement laissé Hamon de coté car, il me semble qu'il porte des vraies différences qui d'ailleurs peuvent-être intéressantes.

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13 novembre 2008

Ce que je pense de la réforme de l'État

Aujourd'hui, j'ai reçu une enquête d'un institut de sondage pour savoir ce que je pense de la réforme de l'État et de la fonction publique. Commandée par le gouvernement, l'enquête ciblait spécifiquement les fonctionnaires. Comme vous l'imaginez, je me suis empressé de répondre. Il y avait des questions du type : "Pensez-vous que telle réforme aura un effet positif?" et l'on pouvait répondre : "Oui certainement" "Oui probablement" "Non probablement pas" "Non certainement pas". Comme vous vous doutez, je me suis fait un plaisir, pour une fois qu'on me demande mon avis, "Non certainement pas". S'agit-il d'une opposition systématique d'un cgtiste borné face à un gouvernement de droite? J'ai envie de répondre "Non certainement pas". Je pense réellement que les réformes en cours sont nocives pour l'avenir des services publics car aboutissant de fait à une diminution du service rendu aux Français, à des inégalités territoriales, à une dégradation des conditions de travail des fonctionnaires, à une mise en concurrence entre agents (primes au "mérite" à la tête du client oui!), à une généralisation des emplois précaires devant combler le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux (CDD, vacations, emplois aidés, moniteurs étudiants), le tout dans une logique de privatisation rampante et de déréglementation libérale. Je le pense et puisque le questionnaire m'en laissait la possibilité, je le dis. Voici donc une retranscription du texte que j'ai écrit pour cette enquête :

Les services publics me semblent essentiels pour la France. Ils ont une mission importante devant assurer l'égalité des citoyens quelle que soient leur situation géographique ou leur condition sociale. Cette mission, à laquelle je crois et je participe en tant que fonctionnaire, n’est pas compatible, par définition, avec des impératifs de rentabilité (un hôpital, une bibliothèque ou une école peuvent-ils être rentables ?). A mon sens, un service public n'est pas une entreprise mais, un investissement de l'État en faveur des citoyens et pour le bon fonctionnement du pays.

fronton

Il me semble donc que les réformes du secteur public ne devraient pas se faire dans une optique purement comptable. Elles devraient se donner pour but de rapprocher les services publics des usagers et d'assurer l'égalité des citoyens sur l'ensemble du territoire. Cela passe il est vrai par des évolutions devant permettre de valoriser les offres tout en les adaptant au monde moderne.

De toute façon aucune réforme ne peut être vraiment efficace si elle se fait dans une logique de destruction de l'offre publique et de privatisation rampante (EDF, GDF, La Poste, externalisation de services internes, etc.).

Services_publics

En ce qui concerne le personnel. Une amélioration de la gestion des carrières ne peut être qu'une bonne chose. Mais, cette amélioration ne doit pas être un prétexte à détruire les fondements de la fonction publique : garantie de l'emploi et égalité d'accès. En ce qui concerne la rémunération, un retard flagrant a été pris. Et si une attente de revalorisation salariale est attendue, elle doit concerner le point d’indice (base du salaire des fonctionnaires). J'ajoute que toutes primes dites au mérite ne peuvent qu'induire des divisions entre les agents et casser les dynamiques d'équipe pour ne favoriser qu'un seul. Lequel d'ailleurs ne sera pas nécessairement le meilleur agent mais, une personne bénéficiant d'une bonne image du coté de la direction pour x raisons et pas nécessairement professionnelles.

service_public

Dernière chose, l'efficacité de la fonction publique nécessite des agents bien formés d’une part titulaires d’autre part. Bien formés car, les fonctionnaires sont appelés à évoluer pour s’adapter aux mutations de leur métier. En ce sens, la politique visant à valoriser les formations professionnelles qui se met plus ou moins en place, avec des qualités et des défauts, va dans le bon sens à mon avis. Titulaire car les emplois fixes offert par l’État devrait être occupés par des fonctionnaires recrutés pour leurs qualités professionnelles. L’importance toujours croissante des emplois précaires montre que nous sommes loin du compte. Au lieu d’offrir une garantie et une sécurité, l’État employeur use et abuse de contrats de courtes durées parfois renouvelés (avec ou sans carence) parfois sans lendemain. En outre, il me semble que l’expérience acquise sur le terrain à partir d’un certain moment devrait aboutir à une titularisation. Il me semble qu’il devrait s’agir d’une véritable titularisation et non, comme c’est souvent le cas aujourd’hui, de CDI qui aboutiront à terme à créer une fonction publique de seconde zone avec notamment une preogression de carrière difficile et  sans espoir de mutation.

Écrit le 23 brumaire an CCXVII, 13 novembre 2008

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La Petite et Grande Ourse

Pour changer un peu, j'avais envi de vous faire partager un peu de la poésie que je vois dans les étoiles. En effet, les constellations que nous pouvons observer ne sont pas que de simples figures. Elles ont un nom issu de la mythologique et par là, elles nous racontent des histoires. Dans notre civilisation, c’est à la mythologie grecque qu’on se réfère mais, dans d’autres, ces mêmes étoiles racontent d’autres histoires.

Pour commencer cette série, De la poésie dans les étoiles, je vous propose une rencontre avec deux ourses, l’une grande et l’autre petite. Ces deux constellations, de loin les plus connues portent parfois d’autres noms plus en rapport avec leurs formes : chariot ou casserole. Il existe de nombreuses variantes à cette histoire mais celle-là, est celle que je préfère.

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La petite et la grande ourse


Notre histoire commence comme un film d’horreur. Commençons pas les acteurs, voici d'abord Lycaon roi d’Arcadie, il est riche, il est arrogant et il méprise les dieux dont pourtant il descend. Voici maintenant Zeus le roi des dieux, il est tout-puissant, il est fier et il est excédé par Lycaon. Qui peut croire que la royauté terrestre surpasse la royauté céleste? Pour cela, il faut toute l'insolence d'un Lycaon. Les dieux sont rusés alors, plutôt que provoquer directement le roi, Zeus décide de le mettre à l'épreuve. C'est là que l'action commence, imaginez la scène. Zeus grimé en mendiant se présente au palais du roi d'Arcadie et demande l’hospitalité. Lycaon la lui offre. L'épreuve commence bien pour lui. Il invite même le mendiant à sa table. Aurait-il un doute? Les convives s’installent maintenant dans la salle à manger. Elle est fastueuse, le repas est un festin, les mets se succèdent servis dans des plats d'or et d'argent. Zeus a tout pour être comblé. Mais Lycaon commet l'irréparable. Il apporte au dieu de la chair humaine. Zeus s'en rend compte. Il est au comble de sa colère. Le crime est impardonnable. Le roi des dieux va sévir. Alors d'un geste, il se lève tend le bras et transforme le roi anthropophage en loup. Puis, se retourne et lance sa foudre, son arme favorite et redoutable, contre les cinquante fils du roi qui pourtant n’y étaient pour rien mais bon les dieux et la justice… La princesse Callisto horrifiée par les crimes de son père fuit. Elle se réfugie dans la forêt et Zeus l'épargne. Fin de la première scène et toujours pas d'ours en vue je vous l'accorde, mais patience, patience.

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Jupiter et Lycaon
Céramique du XVIIIe siècle

L'histoire aurait pu s'arrêter à ce banquet cannibale. Mais c'est méconnaître Zeus qui, dans son courroux, a remarqué la belle Callisto dont le nom signifie d'ailleurs "la plus belle" (en grec ancien on l'écrit comme ça : Καλλιστώ, et je trouve que c’est trop la classe de faire une citation en grec ancien ;-) ). Loin de se douter de l'intérêt du dieu pour elle, Callisto a rejoint les suivantes d'Artémis déesse de la chasse. Là, elle mène une vie paisible faite de chasses, de bains et des douceurs d'une cours divine. Mais Artémis a une règle les hommes ne sont pas admis et, ses suivantes, comme elle, doivent rester vierge. Même Zeus roi et père d'Artémis ne peut pas faire exception. Pourtant, il s’est épris de Callisto, et lorsqu'il veut une femme, il est prêt à tout. Callisto ne se laissera approcher que par une femme? Hé bien soit, Zeus en sera une. Mais quitte à faire, autant être sûr du résultat. Alors il sera ni plus ni moins qu'Artémis. Zeus/Artémis se présente donc à Callisto à un moment où elle est seule. Cette dernière, voyant sa déesse favorite, ne se méfie pas, elle se laisse approcher. Elle se laisse charmer. Les deux amants couchent ensemble. Une fois son but atteint, Zeus oubliant sa belle remonte tranquillement en son Olympe en espérant que sa très Jalouse de femme, Héra, n’ait rien remarqué. Comme quoi, les dieux ne sont pas meilleurs que les hommes ;-) Et toujours pas d'ourse dans mon histoire mais patience, patience...  

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Jupiter, sous les traits de Diane, séduisant Callisto
François Boucher - 1759 - The Nelson-Atkins Museum of Art

Il oublie Callisto mais elle ne peut guère l'oublier car, elle est enceinte. Ne me demandez pas comment Zeus métamorphosé en femme a pu faire... Elle tente de cacher sa grossesse mais rapidement les autres suivantes s'en rendent compte. Artémis l'apprend. Elle est furieuse. Callisto tente de fuir mais trop tard, Artémis lève le bras, pousse un cri et transforme la pauvre Callisto en ourse. Avec les dieux c’est comme ça, pas le temps de discuter ou de négocier, la sanction tombe tout de suite, plutôt expéditif comme sanction... Et en plus ils sont rancuniers, si, si vous verrez. L’ourse Callisto est condamnée à errer dans les bois. Mais, si Zeus oublie vite ses conquêtes, il se souvient de ses enfants. Il permet donc à Callisto de faire naître son bébé. C'est un fils, il est appelé Arcas, ce qui veut dire ours (en grec ancien : arktos, toujours avec mes citations grecques). Il deviendra roi d'Arcadie et apprendra à ses sujets, excusez du peu, à semer le blé, faire du pain et tisser la laine. Mais, il est aussi un chasseur redoutable. Il chasse, entre autres, l'ours... Et là, vous voyez le drame grec se jouer. Hé bien oui, Arcas tombe nez à nez avec sa mère. L'une oubliant qu'elle est un ours se précipite vers son fils pour l'embrasser, l'autre, guidé par une Artémis décidément rancunière, bande son arc. La flèche vole dans l'air. Un si grand chasseur, inspiré par une telle déesse, ne peut pas manquer sa cible. Callisto va être tuée par son fils. Zeus se souvient alors de son amante et choqué par l'intransigeance de sa fille, Artémis, il décide d'intervenir. Mais attention, une intervention de dieu et là, c'est la grande classe, c'est digne des meilleurs effets spéciaux d'Hollywood. Imaginez la scène, la flèche qui fend l’air à toute allure. Elle se rapproche dangereusement de l'ours et là... je ménage mes effets ;-)... un dieu à longue barbe débarque, attrape l'ours par la queue et, le jette dans le ciel. Et que se passe-t-il lorsqu'un dieu jette quelque chose dans le ciel? Vous avez deviné n'est-ce pas? Cette chose devient une constellation. C'est ce qui se passe pour l'ourse Callisto. Elle devient la Grande Ourse. On imagine Arcas stupéfait devant une telle scène mais comprenant vite que l'ours était sa mère. Aura-t-il des regrets? Aurait-il voulu se laisser embrasser par sa mère/ourse? Peut-être, en tout cas, à sa mort, Zeus peut-être pour le consoler le transformera à son tour en ours et le plaçera dans les étoiles vers sa mère l'avantage avec les morts c'est qu'il n'est pas nécessaire de les lancer :-D. Il devient la Petite Ourse.

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Diane découvrant la grossesse de Callisto
Eugène Le Sueur 1638 / 39  - Musée Magnin

Happy end? Pas tout à fait. Souvenez-vous d'Héra l'épouse jalouse de Zeus. Elle est furieuse quand je vous dis que les dieux sont rancuniers. De voir dans le ciel la maîtresse de son mari et leur fils, ça la rend folle. Comme elle ne peut rien entreprendre contre une étoile, elle imagine une autre vengeance. Il faut d’abord que je vous explique quelque chose, pour nous qui sommes modernes et rationnels ce n'est pas parce qu'on ne voit plus une constellation durant une certaine période qu'elle cesse d'être un groupe d'étoiles dans l’espace. C'est juste un problème d'axe de la Terre. Mais dans la mythologie c'est différent. Lorsqu'une constellation n'est plus visible, c'est qu'elle est partie se reposer et se baigner dans les eaux qui bordent le monde. C'est parait-il un moment fort apprécié des constellations. Personnellement je n'ai jamais eu l'occasion de discuter avec l'une d'entre elles mais, promis, si j'en rencontre une, je lui pose la question :-D. Mais, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos ours. Héra veut sa vengeance, puisque le seul loisir d'une constellation est de se baigner alors, elle va priver nos ours des plaisirs de la mer. Elle se précipite donc chez Poséidon qui règne en maître sur les océans. Elle lui tient un long discours plein de formules de politesses spécifiques aux dieux qui peut se résumer en une question, comment peut-il tolérer qu'une femme aussi peu respectueuse des dieux accompagnée de son rejeton puisse venir se délasser dans ses eaux? Poséidon, dont le sens de la justice est aussi léger que les autres dieux, interdit donc à Callisto et Arcas l'accès à "son" océan. Suite à ce décret divin, la grande et la petite ourses ne peuvent plus sortir du ciel et, sont visibles toute l'année. Pas sympa pour nos constellations mais très pratique pour les hommes, notamment les marins, qui en ont fait un point de repère important. D'autant plus important que la dernière étoile de la queue de la petite ourse se trouve dans l'axe de rotation de la Terre. Par conséquent, elle est fixe dans le ciel quand les autres étoiles semblent tourner (cf. image). Cet axe correspondant au pole nord céleste, cette étoile est appelée étoile polaire. Arcas a d'ailleurs donné son nom à notre pôle nord terrestre : l'arctique et donc par opposition, l'antarctique.

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Photographie à longue durée.
Les étoiles semblent tourner autour de l'étoile polaire.

La prochaine fois que vous verrez la grande ourse (ou la petite) ayez une pensez pour cette mère et ce fils ours désolé pour les fans de Disney, il n'y a pas de frère ;-)

Posté par repsocialiste à 02:02 - De la poèsie dans les étoiles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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