22 février 2009
Sommet social version Sarkosy, il faut comprendre
Suite à la journée de mobilisation du 29 janvier, Notre Tout Puissant Président a annoncé un sommet social. Je me suis dit, la mobilisation a été forte, cette fois-ci, il se sent obligé de lancer des négociations avec les syndicats. Je n'en attendais pas grand chose, Sarko reste Sarko, mais bon dans la discussion, une ou deux mesures peuvent aboutir, sait-on jamais. En grand utopiste, je pensais aux salaires, à la prime pour l'emploi, etc. Mais je me suis trompé. Nous sommes dans l'ère de la "nouvelle politique" tant vantée par Notre Omniprésent Président. Et moi, bêtement, je me crois encore dans "l'ancienne politique", pour vous dire à quel point je suis largué. Fini l'époque des Chirac, des Rocard, des Pompidou, fini les grands rounds de négociation avec les partenaires sociaux. Non, non et mille fois non! Ca c'est du passé. Nous sommes dans la "nouvelle politique", celle de la communication. Alors chaque mot à son sens. Quand Notre Président Communicant dit "sommet social", il faut le prendre au pied de la lettre, faut pas se fier aux vieux schémas de penser. Un sommet social, nouvelle politique, c'est le "sommet", le président himseilf, qui s'adresse au "social", les syndicats, qui d'ailleurs devraient être bien content d'être reçus directement pas Sa Majesté en son palais de l'Elysée. Notre Président Nouveau Style ne leur pas dit "venez avec vos revendications, on va en discuter". Enfin, ce qui me rassure un peu c'est qu'eux non plus n'ont pas compris, ils sont venus avec des propositions, les fous. Non, Notre Très Cher Président (bling bling) voulait simplement leur dire, venez, je vais vous annoncer ce que j'ai décidé en avant première. Et oui, il faut s'y faire. La nouvelle politique c'est comme la cours de l'Ancien régime, une attention, un geste du Roi c'est un honneur. Tout courtisant le sait. Ainsi donc, sûr d'avoir fait plaisir aux syndicalistes par son exclu, Notre Gracieux Président c'est adressé au peuple tout entier via la télévision. Sans journaliste, faut pas pousser manquerait plus qu'ils posent des questions (pourtant la dernière fois, ils n'ont pas été trop dur...). La communication, toujours la communication.
Va falloir s'y faire à la "nouvelle politique"... Moi, j'avoue j'ai du mal. Enfin, s'il y a une chose que j'ai bien compris c'est que quand il y a une grève, il faut qu'elle se voit. Alors, Sarko ouvre les yeux, descend de ton sommet, et rendez-vous le 19 mars dans la rue.
Écrit le 4 ventôse an CCXVII, 22 février 2009

