28 mars 2009
Un parmi trois millions
Jeudi 19, nous étions plus de 3 millions à battre le pavé pour nous élever contre la politique économique de Sarkozy. Trois millions pour dire ça suffit! Trois millions pour réclamer des mesures pour l'emploi, les salaire et plus largement le pouvoir d'achat (augmentation de la prime à l'emploi, baisse de la TVA, etc.). Des slogans, des pancartes, des chansons, encore une fois, les grévistes ont été imaginatifs. Je ne m'en souviens pas de beaucoup, mais j'ai bien celui-ci :
Du pognon pour l'éducation
Les salaires et l'exclusion!
Et plus pour les patrons!
Après, chacun a ses propres revendications catégorielles, je reviendrais sur celle de l'Université. J'ai aussi été frappé l'hostilité affichée contre Notre Tout Puissant Président. Des affiches critiques aux Sarko démission, scandé à plusieurs reprises, en passant par le succès de l'autocollant "Casse toi pauvre con" (que j'arborais), le Petit Nicolas n'était pas à la fête...
Le cortège parisien était impressionnant, un itinéraire parallèle a même dû être ouvert pour faire face à l'affluence. Dans l'éducation nationale, les menaces sont si nombreuses que je n'en ferais pas la liste, citons en vrac la disparition programmé des RASED (réseaux d'aide aux élèves en difficulté), la réforme du concours de professeur avec notamment la suppression de l'année de stages, la réforme du statut des enseignants-chercheurs, le démantèlement des organismes de recherche (CNRS, etc. fusionnés dans un ensemble commun), l'application de la loi sur l'autonomie des universités (LRU pour les intimes), les suppressions de postes, etc.
Quant à nous, le personnel des universités, les BIATOS, nous avons de plus en plus le sentiment d'être invisible. Invisible dans les médias, on parle de mouvement des enseignants chercheurs et des étudiants, plus grave encore invisible pour notre ministre, voir invisible au sein même de nos établissements où notre travail n'est pas forcément reconnu, notamment par certains enseignants. Invisible mais pourtant indispensable! Il s'agit donc pour nous de défendre nos spécifiés professionnelles mais aussi, d'affirmer nos compétences contre l'actuelle politique d'externalisation et de destruction de certains type d'emplois. Valérie Pécresse ne veut plus, par exemple, de personnel de catégorie C (premier grade) dans les universités et limite donc au maximum les concours. Elle souhaite nous remplacer (je suis catégorie C) par des intervenants extérieurs ou des moniteurs étudiants. Pour couronner le tout, elle souhaite (plus ou moins ouvertement) regrouper l'ensemble des BIATOS dans un seul et même corps dépendant directement des présidents d'université. En la matière, l'enjeu est ni plus, ni moins que le caractère national des carrières, des primes et des mutations. Bref, nous sommes peut-être invisible mais nous ne sommes ni bête ni muet alors, nous allons prendre une série d'initiatives pour essayer d'attirer l'attention sur nous.
Écrit le 8 germinal an CCXVII, 28 mars 2009
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