12 juin 2009
Election européenne?
Après une campagne très franco-française louchant vers 2012, voici la post campagne ultra franco-française. J'ai beau écouter les info j'ai du mal à attendre des mots comme "parlement européen", PSE, PPE, Barroso, etc. Et pourtant...
Et pourtant c'était bien des élections européennes, pour désigner un parlement européen, définir une politique européenne et soutenir (ou pas) une commission européenne.
Alors pour ceux qui, comme moi, sont las d'entendre parler de la énième refondation du PS, du "succès" de Sarkozy depuis quand 30% c'est un soutient populaire?, des errements présidentiels de Bayrou, voici la composition du nouveau Parlement européen (le nombre de député étant passé de 783 à 736, pour facilité les comparaisons le pourcentage d'élus de chaque groupe est donné avec le nombre de sièges) :
Présentation des groupes :
GUE/NGL : Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique : partis de la gauche de la gauche et ex communiste, en France, le Front de gauche
PSE : Parti socialiste européen : partis socialistes, sociaux démocrates et travailliste, en France, le PS
Vert/ALE
: Verts/Alliance libre européenne : regroupant les verts européens et
les représentants des "nations sans état" (écossais, basques, etc.), en
France, Europe écologie
ADLE : Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe : partis centristes et libéraux (au sens anglo-saxon), en France, le MoDem
PPE
: Parti populaire européen : regroupement des conservateurs et
démocrates chrétiens (à l'exception des conservateurs Britanniques qui
ont annoncé leur intention de créer un nouveau groupe), en France, l'UMP
UEN : Union pour l'Europe des Nations : alliance hétéroclite d'eurosceptiques et souverainistes, ce groupe n'a pas d'élus en France
IND/DEM : Indépendance/Démocratie : autre groupe eurosceptiques et souverainistes, en France, Libertas (de Villiers)
Autres et non inscrits : par définitions tous députés européens n'appartenant à aucun groupe, en France le Front National
Bref analyse des résultats
Conclusion, la vague bleue annoncée n'a pas eu lieu, le groupe conservateur, PPE,
reste stable. La droite est tout de même en tête dans la majorité des
états membre : France, Espagne, Italie, Royaume-Uni, Allemagne,
Portugal, Belgique, Pologne, Estonie, Lituanie, Bulgarie, Slovénie ou
Chypre.
Par contre on assiste à un net recul du PSE. Les socialistes et sociaux démocrates reculent presque partout: France, Italie, Hongrie, Portugal, Pologne, etc. et
subissant même des revers dans les pays qu'ils dirigent seuls: Espagne, Royaume-Uni ou en coalition avec la droite : Allemagne, Autriche ou Pays-Bas. Ils parviennent toute fois
à faire jeu égal avec la droite en Roumanie et à l'emporter en Suède, à
Maltes et en Grèce.
A l'opposé, et c'est une bonne nouvelle pour la gauche, on assiste à une progression des Verts et ALE.
Spectaculaire en France, en Wallonie au Danemark mais importante dans
plusieurs autres pays : Belgique, Grèce, Allemagne, Finlande,
Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni. Par contre, ce groupe ne compte
quasiment pas d'élus dans les ex pays communiste.
Le dernier grand enseignement ce de scrutin est la forte croissance des non inscrits.
Cela s'explique par la brusque monté des listes populistes plus ou
moins d'extrême-droite qui refusent les groupes en place (comme le
Front National en France) ou qui n'ont pas encore fait leur choix.
C'est le phénomène le plus inquiétant de cette élection, les populistes
europhobes et fleuretant avec l'extrême droite remportent des succès
importants dans de nombreux pays : au Royaume-Uni, en Finlande, en
Hongrie, en Roumanie, au Pays-Bas, etc. Ce groupe est aussi
artificiellement gonflé par le non positionnement des conservateurs
anglais qui ont quitté le PPE.
Alors, quelle politique européenne pour demain?
Tout d'abord, il n'y aura pas de majorité au Parlement européen, l'entente entre le PPE et le PSE devrait donc se prolonger. Par contre, les choses se compliquent pour Barroso. En effet, la plus grande partie du PSE (dont le PS français) a annoncé son intention de ne plus soutenir ce libéral ouf!, il ne pourra pas non plus s'appuyer sur les écologistes et sûrement pas sur les groupes eurosceptiques. Pendant ce temps, les Verts tentent de construire une nouvelle coalition opposée à la politique de Barroso mais cela semble difficile.
A ce jour, Barroso peut compter sur l'appui des principaux gouvernements, notamment de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. La chutte de la commission est donc un test démocratique pour ce parlement : ou, les élus respectent leur mandat et Barroso ne pourra pas avoir la confiance, ou le marchandage et les petits argengement entres amis reprennent le dessus et, Barroso est confirmé en même temps que la politique européenne perd son sens.
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