29 septembre 2009
Crise et chanson
Je ne sait pas si vous avez remarqué mais, ces dernier temps, se sont les chansons engagées sur la situation économique qui créée le buzz sur Internet. La crise inspire les chanteurs et, passionne les internautes qui en sont victime.
En 2007, avant que la crise n'éclate vraiment, c'est La Chanson du dimanche qui a ouvert la voie avec Super Pouvoir d'achat
Jouant des frustrations de la société de consommation ben oui on ne peut pas tous, consommer tout le temps et des promesses non tenues de Sarkozy le président autoproclamé du pouvoir d'achat, le groupe obtient un succès considérable.
Puis, il y a eu L'Homme parle avec La Crise.
Encore une fois la vidéo tourne sur Internet, de mails en mails de blogs en blogs. Cette fois-ci nous sommes en pleine crise, le chômage progresse, la situation financière des plus fragiles se dégrade. L'heure n'est plus aux rêves :
"Un jour mon patron me dira
Allez je vous augmente aussi
Mais aujourd’hui je vous licencie"
Le groupe observe, désabusé, les puissants, "les banques sans foi ni loi", "les pros de la langue de bois", les grands patrons protégés par l'État "Je m’en fous, je peux planter ma société / On fera tourner la planche à billets" et invite le peuple, les victimes de la crise, à danser sur ce "monde en morceaux".
Enfin tout récemment c'est à Volo de créer le buzz avec Réguler
Nous sommes maintenant bien habitué à la crise, "on nous a dit plein de choses sur la crise financière", les puissants dont nous parlait L'Homme parle ont montré leurs limites, en laissant s'effondrer le système. Ironiquement, le chanteur leur lance donc "allez tous vous faire réguler / Vous nous faites rigoler".
J'attends aujourd'hui le prochain tube sur le thème : vous vous en êtes, encore, mis plein les poches pendant la crise pendant que nous on rame.
Mais revenons à ces trois chansons, elles se ressemblent un peu. Les artistes avec leur sensibilité et, une pointe d'humour, dénoncent une économie devenue toute puissante pour le seul profit d'une minorité de plus en plus visible, ceux qui ont le pouvoir d'achat. Le succès de ces chansons doit beaucoup, je crois, au décalage de plus en plus grand entre les classes populaires et moyennes et l'élite. D'un coté un peuple inquiet par les échecs des traders, la monté du chômage, les délocalisations, l'érosion constante de son pouvoir d'achat et de l'autre, une élite économique et politique qui étale ostensiblement sa réussite et sa fortune. En politique on porte des vêtements de haute couture, des bijoux de grands joailliers, on part en vacances dans des yatchs ou sur les plus belles résidences de la cote est américaine. Coté, finances et industries c'est les protections que s'accordent les dirigeants : parachutes dorés, retraites chapeau mais aussi, la monté constante de leurs revenues (salaire + stock option + bonus+ etc.) qui heurte l'opinion publique. Et ce d'autant plus que dans le même temps, cette même élite, annonce aux salariés qu'il faut "réformer" démanteler les protections sociales, qu'on ne peut pas se permettre d'augmenter les salaires, qu'il faudra travailler plus (allongement de l'âge de départ à la retraite, travail du dimanche, etc.) sans bien entendu gagner plus car, vous comprenez, il y a la mondialisation, la concurrence des travailleurs roumains, tunisiens ou chinois. Bref, pendant que les uns trinquent, les autres se goinfrent. Les gouvernants, malgré un habillage com particulièrement soigné, ne peuvent plus vraiment caché qu'ils font le jeux des puissants : subventions recors pour les banques, bouclier fiscal, etc. sans daigner se pencher réellement sur le sort des classes populaires et moyennes.
Parfois, en secret, je vous l'avoue, je rêve que le peuple demande des comptes cette élite gloutonne et indécente. Je ne dis pas qu'il faut pendre à la lanterne ces nouveaux aristo, non je demande juste qu'un gouvernement se penche sur les comptes de ces gens là. Que les élus du peuple condamnent les abus, plafonnent les revenus et prélèvent, par une fiscalité socialement juste, le nécessaire pour faire fonctionner normalement notre société et nos protections sociales.
Mais comme se jour est encore loin et que le spectre de la mondialisation justifie encore toutes les dérives, j'ai envie de dire : "allez tous vous faire réguler" pendant que nous, nous dansons "sur le monde en morceau" en rêvant du "pouvoir d'achat" que nous n'aurons jamais.
Commentaires
Chanson sur la crise qui buzz
"La rivière mouvementée" de Ras Noel(beaucoup jouent à la GAGNE, quelle chance pour les délaissés, dans les bourgs et dans les campagnes )Paroles de cette chanson qu'on peut écouter sur son My Space
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