13 novembre 2007
Por qué no te callas ?
On a tous vu les images à la télévision, le président vénézuelien Hugo Chavez accusant l’ancien premier ministre espagnole le conservateur José Maria Aznar de fascisme. Rien de moins. En plein sommet ibéro-américain, le provocateur et populiste Hugo Chavez faisait dans la surenchère jusqu’à l’absurde. Choqué par les accusations du président vénézuelien, l’actuel premier ministre espagnol, le socialiste José Luis Zapatero a pris la défense de son prédécesseur. Mais Hugo Chavez en a rajouté. « Un fasciste n’est un humain, un serpent est plus humain qu’un fasciste »
C’est alors qu’un « ¿Por qué no te callas ? » a claqué dans la salle. Por qué no te callas, pourquoi ne pas te taire ?
C'est une faute diplomatique, on ne s'adresse jamais ainsi à un chef d'État étranger ainsi, même à un provocateur patenté. Tout le monde dans la salle a donc réagit, toutes les têtes se sont donc tournées vers l'endroit d'où venait cette invective. Et là, stupeur, c'est Juan Carlos primero de Bourbón y Bourbón rey de España (j’adore la langue espagnole, je lui trouve de belles sonorités). Le roi démocrate est donc sorti de sa réserve et pour rentrer dans le jeu politique. Il s’agit donc d’une faute. Un peu comme au tennis, c’est donc une double faute.
Une double faute… mais putain que c’est bon ! ¿Por qué no te callas ? C’est vrai ça! Il peut pas se taire un peu au lieu de répéter ses bêtises. ¿Por qué no te callas ? Ca me rappel Jacques Chirac face à un service d’ordre israélien trop oppressant qui voulait l’empêcher de voir des palestiniens. « What do you want ? This is provocation ! » (à prononcer avec un fort accent français). What do you want ? ¿Por qué no te callas ? Voilà des phrases qu’on aimerait entendre plus souvent.
Le président iranien se lance dans des délires sur les homosexuels, les juifs ou Israël ? ¿Por qué no te callas ?
Georges W. Bush nous raconte des mensonges pour justifier une guerre? ¿Por qué no te callas ?
Poutine affirme que tout va bien en Tchétchénie? ¿Por qué no te callas ?
Mme Lagarde dit que face à l’augmentation du prix du pétrole les français feraient mieux de prendre leur vélo ? ¿Por qué no te callas ?
¿Por qué no te callas ? S’il vous plait, écoutez Juan Carlos, arrêtez de dire n’importe quoi. Soyez constructif, ou donnez nous un peu de silence, ça voudra mieux. Un poco de silencio, por favor.
Vous n'avez pas vu les images?
¿Por qué no te callas?
envoyé par joraupa
25 septembre 2007
Le choix des mots, faillite ou banquertoute
Le champ sémantique du gouvernement semble glisser lentement du domaine républicain à celui de l’entreprise. Il semble, que notre président soit le PDG de l’entreprise France S.A. ®, qu’il est entouré d’un Conseil d’administration et qu’il applique les méthodes modernes de publicité communication et de management. Le Parlement va donc probablement être réduit à une sorte d’Assemblée générale des actionnaires. Les citoyens relégués au statut de consommateur. Quant aux fonctionnaires, chacun a déjà compris qu’ils ne fournissent plus un service public destiné, entre autre, à assurer l’égalité des citoyens sur l’étendu du territoire, non ils ne sont qu’une masse salariale, une variable d’ajustement comptable. Même l’école doit se plier aux nouvelles conceptions de l’État. Oublié l’école républicaine de Jules Ferry et consorts, vive l’école rentable et managée avec le souci de l’efficacité globale, et tant pis pour ceux qui resteront sur le bord de la route. Et cette entreprise France, elle est mal en point. D’après un certains Fillon qui se prétend le numéro deux de la société même si j’ai pas encore réussit à bien le placer dans l’organigramme, les comptes seraient dans le rouge, l’entreprise serait au bord de la faillite.
Voilà qui n’est pas réjouissant… Pour revenir à un langage républicain, l’Etat serait donc au bord de la faillite financière. Remarquez, le mauvais état des comptes n’est pas nouveau, il est même surprenant que le gouvernement qui ait amputé des recettes de plusieurs million d’Euros avec un cadeau fiscal fait aux riches, découvre seulement aujourd’hui l’étendu des problèmes. A moins, que tout cela cache quelque chose. Que l’emploi du vocabulaire de l’entreprise ne serve qu’à préparer une libéralisation générale du pays, sur le modèle anglo-saxon (Reagan, Thatcher…). Ainsi donc chacun emploierait le vocabulaire qui lui convient. Mais voilà, moi je ne suis ni libéral, ni chef d’entreprise. Je suis historien et républicain. Alors permettez moi d’employer mon propre vocabulaire.
Un État au bord de la faillite, ça me rappelle un épisode de l’histoire de France. Souvenez vous, à l’époque on parlait de banqueroute. Mais si, je sais que c’est plus une période très à la mode, mais c’était la fin des années 1780. L’Etat français était menacé de banqueroute. La reine n’avait à répondre devant personne de ses actes (bon d’accord j’ai piqué à Plantu l’idée de comparer Marie-Antoinette et Cécilia). Les plus favorisés n’avaient pas besoin de bouclier pour échapper à l’impôt, ils avaient des privilèges qui les exceptaient totalement de contribution. Le roi n’avait pas besoin d’être hyperactif, il était par nature absolu.
Alors puisque notre Necker d’opérette a annoncé la banqueroute, je dit, chiche M. Sarkozy, convoquez les Etats généraux, on s’occupe du reste…


