République et socialisme

Je n'ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans laquelle elle n'est qu'un mot. Jean Jaures

21 septembre 2009

Grève du lait, un mouvement exemplaire

Voilà quelques jours qu'une "grève du lait" a commencé. Pour moi, ce mouvement est exemplaire à plus d'un titre. Tout d'abord, je pense que les producteurs ont raison, en faisant cette "grève", c'est-à-dire en refusant de livrer leur production aux laiteries, ils combattent la logique de marché qui les broient. Je crois que les pouvoirs publics devrait garantir aux producteurs des prix raisonnable, c'est-à-dire qui permettent aux petits producteurs de vivre, y compris en maintenant un système de quotas qui limite la production. Mais, on touche là à l'un des dogmes de l'Union européenne, la concurrence comme seule moyen de régulation des marchés.

grve_du_lait
photo de l'EMB

 

Deuxièmement, ce conflit met en lumière les pratiques de la FNSEA syndicat agricole majoritaire mais, qui ne défend pas les petits producteurs.

 

Troisièmement, et certainement le point le plus intéressant, c'est un mouvement européen qui se dessine. Les routiers et les pêcheurs avait donné des signes précurseurs sans transformer l'essai. Les paysans sont en train de le faire. Pour la première fois, un mouvement touche de manière durable et coordonné plusieurs pays européens notamment les Pays-Bas, la Belgique, la France, l'Allemagne et l'Italie. Il faut saluer ici 'intelligence de ce mouvement. En effet, les décisions importantes sont prises à Bruxelles. Le mouvement de résistance doit donc être européen. Ça parait simple dit comme ça mais en fait c'est super compliqué à mettre en place, notamment car la Commission joue des divisions entre les pays (écoutez le discours du ministre de l'agriculture française ou celui de la FNSEA c'est édifiant, on défend la France pas, l'agriculture européenne). En la matière, l'ancienneté et l'importance de la politique agricole commune aide à cette prise de conscience collective. Bien des mouvement devrait en prendre de la graine. Par exemple, quand il s'agit de défendre les services publics (privatisation rampante de La Poste, Université, etc.) une coordination européenne serait d'une grande utilité car, une fois de plus les décisions de bases viennent de Bruxelles. C'est donc à ce niveau qu'il faut lutter et non, nous enfermer dans des conflits franco-français en nous gargarisant de notre exception culturelle alors que nos voisins sont soumis, avec plus ou plus d'avance ou de retard, à la même logique destructrice. J'ai été frappé lors de la grève contre la LRU de constater que des universitaires, italiens, belges ou anglais nous parlaient de réformes comparables dans leurs pays en nous disant de nous battre pour ne pas subir la même bêtise qu'eux.

Pour conclure, et plagier Marx, je dirais :

Producteurs, travailleurs, citoyens de toute l'Europe unissez-vous!

euromanif_fr

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21 mai 2009

La crise et les bibliothèques, de l'Amérique du Nord à la France

Comme le reste du monde, l’économie française doit faire face à la crise. Dans ce contexte, comment nos décideurs locaux et nationaux vont-ils réagir ? La culture est-elle encore prioritaire ? Ou, les impératifs de rentabilité vont-ils prendre le dessus ?

 

Quand le leitmotiv de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) semble être la « culture du résultat ».ce qui passe, entre autre, dans les universités par la « mise en place d'un financement budgétaire […] fondé sur la performance » et au ministère de la Culture par la « généralisation des contrats pluriannuels de performance ». On peut légitiment, se poser des questions. Les bibliothèques seront-elles « performantes » ? Ont-elles vocation à l’être ? Sur quel budget pourront-elles compter dans l’avenir ? En ce sens, il est intéressant de voir comment cela se passe ailleurs. Pour cela, la lecture des blogs bibliothèque est particulièrement intéressante, notamment d’ActuaLitté.com. L’Amérique du Nord, nous offre un bon exemple de ce qui pourrait se produire, le pire ou le meilleur.

 

Commençons par l’une des plus grandes et des plus prestigieuses villes de ce continent, connue à la fois pour ces activités finansave_lib_rallycières et culturelles : New-York. Le maire Mike Bloomberg, s’est lancé dans une politique de rigueur : suppression d’un emplois dans la fonction publique municipale, hausse de la TVA locale, etc. Son plan n’épargne pas les bibliothèques, loin s’en faut. Deux chiffres suffisent à comprendre l’ampleur des coupes franches : un budget qui baisse de 22% et 943 licenciements programmés. Les bibliothécaires locaux sont atterrés. Devant le conseil municipal, le directeur de la Queens Library s’est écrié : « Il est impensable que la plus grande ville du monde voit son service de bibliothèque publique mis à genoux... ». Il a aussi parlé de « services de bibliothèque » « dévastés ». Les conséquences d’une telle politique ne sont pas encore complètement connues mais, elles sont faciles à imaginer :

  • Diminution      des heures d’ouverture, par exemple la New-York Public Librairy      envisage de passer de 52 à 32 heures d’ouverture hebdomadaire
  • Les ouvertures du week-end sont remises en cause ou      réduites à leur portion congrue, à peine cinq heures à la Brooklyn Public      Library
  • Diminution des services proposés aux lecteurs
  • Diminution des achats de documents

 

Ce budget catastrophique pour la lecture publique doit être adopté le 30 juin. D’ici là, les bibliothèques new-yorkaises se sont lancées dans une campagne de défense de leurs services, y compris via leurs sites Internet, ici, la Queens Library là, la New-York Public Library et pour finir, la Brooklyn Public Library.

 

Outre la pression exercée sur le conseil municipal, certaines bibliothèques tentent de recourir aux fonds privés pour sauver ce qui peut encore l’être. Ce type de financement est assez courant aux Etats-Unis et, semble appelé à sebanner_photodévelopper en France. A titre d’exemple 6% du budget de la Bibliothèque nationale de France (BnF) est déjà issus du mécénat. Pourtant, en période de crise, recourir aux entreprises ou aux particuliers n’est pas forcément très judicieux, quand les budgets se resserrent, les dons sont en chute libre. C’est le constat amer du Connecticut Times. Il site le cas de la Scranton Library dont le budget dépend à hauteur de 15% des dons privés. La directrice de cette bibliothèque affirme avoir « recueilli plusieurs milliers de dollars de moins que l'an dernier », conséquence moins de livres neuf cette année.

 

Pourtant les bibliothèques ont un rôle à jouer en période de crise. « En ces temps de difficultés économiqalberta_drapeau_nues, quand nos usagers se fient à nous pour des services essentiels, nous pensons qu'il est important de garder les portes des bibliothèques ouvertes », affirme le porte parole de la New-York Public Library. Certains pouvoirs publics nord-américains l’ont bien compris. C’est le cas d’Ed Stelmach, premier ministre de l’Alberta (Canada). Selon lui, « des études ont prouvé qu’en temps de difficultés économiques les gens se tournent vers et dépendent des bibliothèques ». Son gouvernement a donc décidé d’augmenter le budget bibliothèque de 9 millions de dollars canadien (soit environ 5,7 millions d’Euros).

 

Et en France ? Où allons-nous ? Vers un plan de rigueur ou, la reconnaissance de l’importance des bibliothèques ? A l’heure où la RGPP se fixent des objectifs comptables, 7,7 milliards d’économie à l’horizon BNF12011, non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, etc. les craintes sont nombreuses. De la santé à la culture la rentabilité semble devenir la norme en contradiction avec les fondements même de ces secteurs. Pour les bibliothèques, les menaces se font pressantes. Le recours au privé se développe, tant dans le financement des organismes (universités ou BnF) que dans le travail des employés avec une externalisation des tâches qui d’après ce que l’on peut commencer à observer irait de l’équipement des documents au référancement des livres sur la base de donnée (ce pourrait être le cas à la BnF pour les acquisitions étrangères). Pire encore, les réformes des ministères (Enseignement supérieur et Culture) semblent oublier les bibliothèques puisqu’elles disparaissent des organigrammes. Au ministère de la culture on pousse la logique financière jusqu’au bout puisque le secteur du livre et la lecture sera rattaché à la direction chargée « l’économie culturelle ». Les bibliothèques devront-elles s'insérer dans un modèle économique??? Si l’on ajoute, que les directeurs des SCD ne sont plus nécessairement des conservateurs ayant suivi une formation spécialisée, cmapgnagne_fondation_BU_copie_1que leur spécifiés à l’intérieur de l’Université disparaissent, que le personnel pourrait perdre son statut interministériel, que l'emploi d'étudiants se développe au détriment de l’aide aux lecteurs qu’un professionnel formé peut apporter, on comprendra aisément que l’inquiétude enfle de jours en jours. Les protestations se multiplient, passant par une série de motion dans les BU (Marne-la-Vallée, Avignon, Littoral) à l’ENSSIB (école nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques), à la BnF ainsi que par la participation des personnels au mouvement contre la LRU (loi sur l'autonomie des universités, liée à la RGPP). Des tentatives d’unification des mécontentements commencent à voir le jour, avec par exemple l’idée d’un rassemblement et d’une AG bibliothèque le 26 mai sur le parvis de la BnF. Mais, ces attaquent préfigurent-elles un plan plus vaste d’économie ? Dans l’enseignement supérieur la LRU entraîne la fin des crédits fléchés bibliothèque. Le budget de celles-ci dépendra donc de la bonne santé financière de leur université qui pourrait se dégrader si celle-ci n’est pas jugée « performante » et, de la bonne volonté des présidents. Auront-ils tous conscience de l’importance de la documentation ? N’oublions pas qu’à Marne-la-Vallée, le premier administrateur, M. Laurent, n’avait pas jugé nécessaire de construire une BU pour cette université nouvelle… Et même si dans la plus part des cas, ils soutiendront les bibliothèques, face à la pénurie grandissante, ils devront faire des choix ou essayer d’attirer les mécènes.

 

Or, l’exemple nord américain montre que le recours au financement privé ne peut pas être une solution, surtout en temps de crise, que seule une politique publique ambitieuse, comme en Alberta, peut permettre aux bibliothèques publiques de se développer. Mais, il est vrai que nous ne sommes jamais à l’abri d’un Bloomberg local, pour qui la culture n’est pas une priorité et, qui sabre sans ménagement le budget des bibliothèques.

 

La culture n’est pas rentable, c’est un choix politique.

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17 avril 2009

Manifester le 1er mai

Vais-je aller manifester le 1er mai? Est-ce que cette grande messe syndicale sert encore à quelque chose?

J'avoue, je ne suis pas très convaincu. Pour moi, descendre dans la rue doit avoir un sens. Si c'est juste pour se retrouver entre syndicalistes agiter quelques banderoles, afficher quelques revendications passe partout et repartir comme on est venu, je ne vois pas trop l'intérêt.  Bien que syndicaliste, je ne vais que rarement à la manif du 1er mai. Ma dernière participation remonte même à 2002. Faut dire que les circonstances étaient particulières, très particulières, Le Pen était au deuxième tour de l'élection présidentielle. Je ne voulais pas rester chez moi, je tenais à participer à un grand mouvement de sursaut républicain.

Et cette année? Quel est le contexte? Justifie-t-il quelque chose? Dans les universités, depuis plusieurs semaines, nous nous mobilisons pour faire échec à la politique1mai de Sarkozy et Pécresse, politique qui vise à créer une concurrence entre les universités, à doucement asphyxier les petites universités jugées peu performantes et, à détricoter le statut des personnels. Alors, je participe comme je peux : je fais les journées de mobilisation, je tourne en rond sur le parvis de l'hôtel de ville, je blogue, etc. Il me parait donc logique le 1er mai d'aller manifester.

Mais, ne résumons pas ce 1er mai à un simple mouvement d'universitaire. Non, la mobilisation est plus large. Les grandes journées de mobilisations interprofessionnelles sont un véritable succès (chose qu'on n'avait pas vu depuis longtemps). Là aussi je participe,  voir . En effet, la politique du petit Nicolas n'est pas seulement dangereuse pour l'éducation, elle est aussi porteuse d'injustices sociales flagrantes, sans parler de l'érosion du pouvoir d'achat contre laquelle rien n'est fait et, des conséquences de la crise économique qui repose largement sur les classes populaires moyennes (licenciements (plus ou moins liés à la crise d'ailleurs), chômage partiel, etc.).

Pour finir, rappelons-nous que nous sommes entrés dans l'ère de la nouvelle politique. Il ne suffit plus d'exprimer des revendications via les organisme habituels (syndicats, associations, etc.) il faut se montrer. Le petit Nicolas, c'est bien regrettable mais c'est un fait, ne réagit qu'en fonction des médias. Si l'on veut faire bouger les choses, il faut donc obtenir une couverture médiatique. Or, le 1er tous les journalistes de France auront la plume, le micro ou la caméra tournés vers la manifestation, ne les décevons pas. Mobilisons nous massivement pour dire à Sarko, marre de ta politique il est tant que tu regardes du coté des classes populaires et moyennes!

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13 novembre 2008

Ce que je pense de la réforme de l'État

Aujourd'hui, j'ai reçu une enquête d'un institut de sondage pour savoir ce que je pense de la réforme de l'État et de la fonction publique. Commandée par le gouvernement, l'enquête ciblait spécifiquement les fonctionnaires. Comme vous l'imaginez, je me suis empressé de répondre. Il y avait des questions du type : "Pensez-vous que telle réforme aura un effet positif?" et l'on pouvait répondre : "Oui certainement" "Oui probablement" "Non probablement pas" "Non certainement pas". Comme vous vous doutez, je me suis fait un plaisir, pour une fois qu'on me demande mon avis, "Non certainement pas". S'agit-il d'une opposition systématique d'un cgtiste borné face à un gouvernement de droite? J'ai envie de répondre "Non certainement pas". Je pense réellement que les réformes en cours sont nocives pour l'avenir des services publics car aboutissant de fait à une diminution du service rendu aux Français, à des inégalités territoriales, à une dégradation des conditions de travail des fonctionnaires, à une mise en concurrence entre agents (primes au "mérite" à la tête du client oui!), à une généralisation des emplois précaires devant combler le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux (CDD, vacations, emplois aidés, moniteurs étudiants), le tout dans une logique de privatisation rampante et de déréglementation libérale. Je le pense et puisque le questionnaire m'en laissait la possibilité, je le dis. Voici donc une retranscription du texte que j'ai écrit pour cette enquête :

Les services publics me semblent essentiels pour la France. Ils ont une mission importante devant assurer l'égalité des citoyens quelle que soient leur situation géographique ou leur condition sociale. Cette mission, à laquelle je crois et je participe en tant que fonctionnaire, n’est pas compatible, par définition, avec des impératifs de rentabilité (un hôpital, une bibliothèque ou une école peuvent-ils être rentables ?). A mon sens, un service public n'est pas une entreprise mais, un investissement de l'État en faveur des citoyens et pour le bon fonctionnement du pays.

fronton

Il me semble donc que les réformes du secteur public ne devraient pas se faire dans une optique purement comptable. Elles devraient se donner pour but de rapprocher les services publics des usagers et d'assurer l'égalité des citoyens sur l'ensemble du territoire. Cela passe il est vrai par des évolutions devant permettre de valoriser les offres tout en les adaptant au monde moderne.

De toute façon aucune réforme ne peut être vraiment efficace si elle se fait dans une logique de destruction de l'offre publique et de privatisation rampante (EDF, GDF, La Poste, externalisation de services internes, etc.).

Services_publics

En ce qui concerne le personnel. Une amélioration de la gestion des carrières ne peut être qu'une bonne chose. Mais, cette amélioration ne doit pas être un prétexte à détruire les fondements de la fonction publique : garantie de l'emploi et égalité d'accès. En ce qui concerne la rémunération, un retard flagrant a été pris. Et si une attente de revalorisation salariale est attendue, elle doit concerner le point d’indice (base du salaire des fonctionnaires). J'ajoute que toutes primes dites au mérite ne peuvent qu'induire des divisions entre les agents et casser les dynamiques d'équipe pour ne favoriser qu'un seul. Lequel d'ailleurs ne sera pas nécessairement le meilleur agent mais, une personne bénéficiant d'une bonne image du coté de la direction pour x raisons et pas nécessairement professionnelles.

service_public

Dernière chose, l'efficacité de la fonction publique nécessite des agents bien formés d’une part titulaires d’autre part. Bien formés car, les fonctionnaires sont appelés à évoluer pour s’adapter aux mutations de leur métier. En ce sens, la politique visant à valoriser les formations professionnelles qui se met plus ou moins en place, avec des qualités et des défauts, va dans le bon sens à mon avis. Titulaire car les emplois fixes offert par l’État devrait être occupés par des fonctionnaires recrutés pour leurs qualités professionnelles. L’importance toujours croissante des emplois précaires montre que nous sommes loin du compte. Au lieu d’offrir une garantie et une sécurité, l’État employeur use et abuse de contrats de courtes durées parfois renouvelés (avec ou sans carence) parfois sans lendemain. En outre, il me semble que l’expérience acquise sur le terrain à partir d’un certain moment devrait aboutir à une titularisation. Il me semble qu’il devrait s’agir d’une véritable titularisation et non, comme c’est souvent le cas aujourd’hui, de CDI qui aboutiront à terme à créer une fonction publique de seconde zone avec notamment une preogression de carrière difficile et  sans espoir de mutation.

Écrit le 23 brumaire an CCXVII, 13 novembre 2008

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16 novembre 2007

Qui bloque un bâtiment à Abbeville?

Hier, à Abbeville, une nouvelle fois la police est intervenue car des militants en lutte bloquaient un bâtiment. La police a sectionné les chaînes placées à l’entrée du bâtiment et évacué de force les hommes qui se trouvaient là.

Petite devinette qui étaient ces militants ?

Une poignée d’étudiant d’extrême gauche qui empêchait les autres étudiants d’aller en cours ?... Non
Un groupe radical de gréviste de la SNCF qui tentait de s’opposer au départ des cars de substitution mis en place par la direction ?... Non
Des syndicalistes CGT du livre qui tentaient de s’opposer à la parution du journal régional ?... Non

Mais alors qui ?

Tout simplement des avocats en lutte contre la suppression programmée de leur tribunal. Hé oui, le personnel de justice, magistrats, avocats, greffiers s’oppose de plus en plus fermement à la réforme de la carte judiciaire : grève des audiences, grève du zèle, manifestations, grève de la faim, occupations de tribunaux, etc.

Je ne sais pas exactement jusqu’à quelle limite leur lutte est justifiée, mais je note que finalement, qu’on soit étudiant ou marin pécheur, cheminot ou avocat la lutte syndicale prend toujours plus ou moins la même forme : grève, manifestation, occupation.

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05 novembre 2007

Lettre au Président de la République

                       Monsieur le Président de la République,

Je vous écris pour vous dire que je comprends parfaitement les raisons qui vous ont poussé à exiger réclamer une augmentation de salaire à l’Assemblée nationale. En effet, je pense que votre salaire, n’est pas du tout adapté à votre poste. En outre, je comprends bien qu’avec l’augmentation continue des produits de luxe du coût de la vie, il est nécessaire de réajuster les salaires.

Monsieur le Président, une fois n’est pas coutume, nous sommes sur la même longueur d’onde !

Je profite de ce courrier, Monsieur le Président pour vous dire que mon salaire de fonctionnaire n’est pas adapté à mes responsabilités et qu’en outre avec l’augmentation des prix (essence, nourriture, etc.) mon pouvoir d’achat s’érode d’année en année. Ainsi donc Monsieur le Président, je pense que vous comprendrez parfaitement ma demande d’augmentation de salaire. N’ayant pas comme vous des responsabilités aussi importante, je me contenterai donc en toute modestie d’une augmentation moitié moins importante que la votre, soit à peine 70%.

Je voulais aussi vous féliciter, Monsieur le Président de mettre la barre si haute. En effet, vous bousculez, les syndicats institutionnels qui ne réclament qu’un modeste « coup de pousse » au SMIC, que vous avez oublié en juillet, et une ridicule augmentations des salaires de la fonction publique d’à peine 6% (pour récupérer la perte de pouvoir d’achat accumulée depuis 2000).

Sûr que vous entendrez les fonctionnaires qui comme vous désirent que leurs salaires augmentent, veuillez agréer Monsieur le Président de la République, mes salutations distinguées.

le 14 brumaire an CCXVI, 5 novembre 2007

Repsocialiste

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28 novembre 2006

EDF quand les syndicats bousculent le calendrier et le gouvernement

S'il y a bien une leçon que le XXe siècle nous a enseignée, c'est l'importance des services publics d'Etat pour assurer l'égalité entre les citoyens. L'Education nationale, les services de l'équipement, la SNCF, La Poste (autrefois les PTT), EDF, GDF, etc. ont assuré l'égalité d'accès des citoyens, accès au savoir, aux moyens de communication, à l'énergie etc. Mais de nos jours, tout est remis en cause. Ce bel édifice d'égalité est ébranlé à la base, pour ne pas dire déconstruit. Dernière attaque en date, Gaz de France (GDF). Après avoir promis de ne jamais privatiser 1, cette majorité vient de décider de faire l'inverse et de marier GDF à une entreprise privée soumise à la seule loi du marché, Suez. A une période où l'énergie devient un enjeu stratégique important (épuisement des ressources en combustible fossile, pollution...) le gouvernement fait le choix de s'amputer d'un levier de commande des plus importants en la matière. Je ne reviendrais pas sur les solutions alternatives comme le mariage naturel entre GDF et EDF. Non ce qui m'intéresser aujourd'hui, c'est la résistance à cette fusion.

Au commencement de cette histoire, la résistance semblait vaine, inutile. Les syndicats avaient bien appelé à des journées de mobilisation contre la privatisation mais, elles ont vite semblé n'être qu'un baroud d'honneur de salariés dépités par les mensonges du gouvernement (promesse de ne pas privatiser).


Sarkozy
envoyé par guillaum1

A l'Assemblée nationale, la chose semblait plus mal engagée pour D. de Villepin. Non seulement l'opposions de gauche semblait déterminée mais en plus, la majorité n'était pas unanime. Ici et là, dans le rang des députés UMP des voix se faisaient entendre pour s'opposer au projet. Que ses voix furent douces à mes oreilles. Pardonnez moi cet écart, mais, rare sont les occasions en France où un député ose s'opposer au gouvernement qu'il soutient. Il s'agit bien sûr de ne pas s'opposer systématiquement, sinon il faut changer de groupe parlementaire. Non il s'agit simplement, de temps en temps, de faire entendre sa différence. Sinon à quoi sert l'Assemblée nationale ? Il suffirait d'élire directement une dizaine de ministres. Non les députés ont un rôle à jouer, une sensibilité à faire entendre. Si l'on regarde à l'étranger, de l'autre coté de l'Atlantique par exemple, on constate que les élus étasuniens n'hésitent pas à contredire leur président, même quand ils sont du même parti que lui. Ils parviennent même parfois à faire échouer un projet comme par exemple l'exploitation du pétrole dans un parc naturel d'Alaska. Mais revenons à la France, revenons à l'Assemblé nationale. Malgré les dissidents, malgré les amendements déposés en masse, en un mot, malgré la guérilla parlementaire, le projet est passé. MM. de Villepin, Chirac et consorts semblaient avoir gagné. Cette fusion avait été programmée en amont depuis longtemps, elle était inévitable, ni l'opinion public, ni la rue, ni les parlementaires ne pouvaient s'opposer à cette belle machine.

gdf  Suez_logo

Tout était joué. GDF Suez allait fusionner. Déjà les actionnaires de Suez faisaient monter la pression. Ils voulaient 4 euros, voir 6 par action à échanger. Ils étaient certes en peu gourmands (l'État aurait dû débourser 5 milliards d'Euros pour une privatisation qui normalement devait servir à renflouer les caisses de l'État), mais ils étaient en position de force alors pourquoi ne pas tenter. Tout était jouer disais-je. Tout ? Non un syndicaliste féru de droit a trouvé une faille. Oh, pas grand-chose, un problème d'information au niveau du comité d'entreprise européen. Le juge a simplement fait repousser le conseil d'administration qui devait entériner la fusion. Pas grand-chose donc, juste un problème de calendrier. Oui mais voilà, la privatisation doit se faire au pas de course, car le gouvernement a conscience d'heurter l'opinion or les élections arrivent à grand pas. Il fallait donc impérativement éviter que la fusion ait lieu en pleine campagne présidentielle car sinon les citoyens risqueraient de profiter de leur pouvoir, le bulletin de vote, pour faire connaître leur mécontentement, les députés UMP, dont le renouvellement suit la présidentielle, risqueraient de retrouver leur courage politique et s'opposer au projet (un peu tard) pour ne pas perdre la confiance de leurs électeurs. Bref la belle machine venait de s'enrailler pour une question de calendrier.

Bravo donc aux syndicats de GDF qui ont su trouver la faille. Le calendrier est modifié, les services publics de l'énergie vont se retrouver au centre du débat politique pour les élections présidentielles. La privatisation est compromise, même si elle n'est pas abandonnée.

Reste une question, que ce serait-il passé si les élections n'étaient pas arrivée à point nommé ? Il y a là je le crois, un défaut de la Ve République. Le peuple ne peut pas pétitionner pour réclamer un référendum. Un projet aussi important que celui-ci et, aussi impopulaire peut donc, en vertu de la démocratie représentative, passer contre l'avis du peuple pourtant réel détenteur du pouvoir souverain. Ce pouvoir de pétitionner n'est pas un rêve, sans lendemain, de la belle et inutilisé la constitution de l'an I. C'est une réalité dans plusieurs pays démocratique, notamment en Suisse. N'est-il pas temps de reposer, en plus du débat sur l'énergie, le débat sur les institutions ?

Écrit le 8 frimaire an CCXV 28 novembre 2006

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