République et socialisme

Je n'ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans laquelle elle n'est qu'un mot. Jean Jaures

21 mars 2008

Une pensée pour les chrétiens d'Irak

En ce Vendredi Saint, je pense à tous les chrétiens victimes de persécutions pour leur foi. Mes pensées vont plus particulièrement aux chrétiens d’Irak dont la situation est devenue crique depuis l’invasion américaine.

Victime, des islamistes radicaux, mais aussi victimes faciles pour les brigands de toutes espèces, profitant de l’affrontements des trois grandes communautés irakienne : Arabes chiites, Arabes sunnites et Kurdes. Quelle place dans ce pays en proie à la guerre civile pour les quelques 800 000 de chrétiens irakiens ?

Depuis 2003, les attaques contres les biens (maisons, commerces…) et les personnes (agressions, enlèvement, assassinats…) se sont multipliées. La grande ville du sud, Bassora ne compte quasiment plus de chrétiens (remarquez qu’il n’y en avait pas beaucoup). Plus surprenant, des villes comme Bagdad et Mossoul où la communauté est traditionnellement plus importantes subissent aussi une forte hémorragie. Sur 70 000 chrétiens installés à Mossoul avant la guerre, soit 3% de la population, il n’est reste guère que 20 000. Les populations se replient au nord, au Kurdistan, réputé plus sûr et foyer important du christianisme irakien. D’autres fuient à l’étranger, 350 000 selon les dernières estimations, en Jordanie, en Syrie, au Liban ou dans les pays occidentaux. Selon Mgr Georges Casmoussa, archevêque syrien-catholique de Mossoul, le christianisme irakien est en voie d’extinction.

Sans tomber dans la litanie des martyrs, on peut toute de même citer quelques chiffres et quelques noms. Trente églises ont été la cible d’attentats. Plusieurs religieux , dont Mgr Georges Casmoussa, archevêque syrien-catholique de Mossoul, ont été enlevés et souvent libérés contre rançon ce qui tend à démontrer le caractère crapuleux des attaques. Son collègue Chaldéen, Mgr Paulos Faraj Rahho evêque de Mossoul a été retrouvé mort, la semaine dernière, après son enlèvement sans que les causes de la mort soit tout à fait établies. Parlons aussi des religieux purement et simplement assassinés, comme le père Boulos Iskandar prêtre syrien-ortodoxe de Mossoul, le pasteur Mundher Aldayr ministre culte protestant du lui aussi à Mossoul, les deux religieuse chaldéen de Kirkouk Fadila et Margaret Naoum, et bien d’autres.

Encore une fois, seule une partie de ses actes sont ouvertement anti-chrétien, une bonne partie des attaques contre les biens, des enlèvements et des assassinats sont purement crapuleux et dû au chaos régnant dans le pays ainsi qu’à la fragilité de la communauté chrétienne qui peut moins que les autres s’appuyer sur des réseaux de protecteurs.

Je ne peux finir se billet sans penser aux autres minorités religieuses d’Irak victimes elles aussi de l’intolérance religieuse. Les mandéens d’abord, on estime que seul 5 000 d’entre eux sont restés en Irak depuis le déclanchement de la guerre (contre environ 50 000 avant celle-ci). Les Yézidistes ensuite dont la communauté a connu l’attaque le plus sanglante de l’histoire irakienne, plus 400 morts lors de quatre attentats suicides en août 2007.

De manière plus générale, je pense à tous les irakien qui souffrent quelque soit leur ethnie, Arabe, Kurdes, etc. et quelque soit leur religion, sunnites, chiites, etc.


La situation des chrétiens d'IRAK
envoyé par chaldeens

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12 novembre 2007

Jésus, une ADN pas si pure

Je voudrais aujourd’hui attiré l’attention sur la famille et plus exactement la généalogie de Jésus Christ. Pour se faire, je vais me basé sur l’Évangile selon Matthieu. Voici donc pour commencer la généalogie de Jésus qui ouvre l’Évangile selon Matthieu, c’est un peu rébarbatif à lire, les noms sont compliqués pourtant il y a un enseignement à tirer de ce texte.

Évangile selon Matthieu, chapitre 1 version Louis Segond – 1910, disponible sur la wikisource

«1  Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham.
2 Abraham engendra Isaac ; Isaac engendra Jacob ; Jacob engendra Juda et ses frères ;
3 Juda engendra de Thamar Pharès et Zara ; Pharès engendra Esrom ; Esrom engendra Aram ;
4 Aram engendra Aminadab ; Aminadab engendra Naasson ; Naasson engendra Salmon ;
5 Salmon engendra Boaz de Rahab ; Boaz engendra Obed de Ruth ;
6 Obed engendra Isaï ; Isaï engendra David. Le roi David engendra Salomon de la femme d’Urie ;
[…]
16 Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ. »

JesseTree
L'arbre de Jessé (généalogie du Christ à partir de Jessé)
Enluminure sur parchemin extrait de la Bible des capucins, manuscrit du XIIe siècle

Source Wikipédia

Cette généalogie, comme le dit clairement le verset 1 est donc là, pour prouver que Jésus un bien un juif « fils d’Abraham » de la maison royale « fils de David ». Pourtant, une lecture attentive permet de repérer cinq femmes dans cette longue suite d’homme. Pourquoi des femmes ? Pourquoi seulement cinq ? Pourquoi pas toutes ? Si l’évangéliste a cru bon de les signaler, c’est sans doute car elles ont un rôle particulier, voyons donc qui sont ces femmes.

La première est Thamar. Elle a eut son fils (en fait des jumeaux Pharès et Zara) de Juda. Juda est l’un des fils de Jacob/Israël, le père des douze garçons qui seront les ancêtres des douze tributs d’Israël. Mais qui est Thamar ? Thamar est en fait le belle-fille de Juda. Après la mort de son mari, Thamar désirant avoir une descende dans la famille qui lui a été donnée en mariage se déguise en prostituée et couche avec son beau-père Juda (Genèse chapitre 38), delà naîtrons ses jumeaux.

La deuxième est Rahab. Le livre de Josué (chapitre 2) nous apprend qu’il s’agit d’une prostituée ayant cachée des espions envoyés par Josué. Ainsi donc si dans le cas de Thamar la prostitution est une ruse destinée à obliger Juda à respecter la loi du lévirat (obligation pour une veuve sans enfant d’épouser le frère de son mari décédé). Dans le cas de Rahab, la prostitution est bien une profession. En outre, Rahab est une étrangère, une cananéenne de Jéricho.

Ruth_im_Feld_des_Boaz

Ruth glanant dans le champs de Boaz
Julius Schnorr von Carolsfeld, 1828

Source Wikipédia

La troisième est Ruth. Ruth est bien connu, puisqu’un livre de la Bible lui est consacré. Ruth est une étrangère, une moabite. La Bible nous raconte qu’elle est la belle-fille de Noémie. Noémie et sa famille avait fuit la Judée touché par une famine, elle s’est alors installé en pays Moabite et les fils ont épousé des filles moabites. Á la mort de son mari puis de ses fils, Noémie décide de rentrer en Judée mais la fidèle Ruth la suit. Ruth séduira et épousera (selon la loi du Lévirat) un riche propriétaire terrien de la famille de Noémie : Boaz. La livre de Ruth ce fini par une généalogie qui nous apprend que Ruth est la grand-mère du roi David. Ainsi donc la roi David, loin d’être un juif de "sang pur" a une grand-mère étrangère. Cela est sans doute à mettre en relation avec les efforts de certains milieu qui au retour de l’exil dénoncèrent ceux qui ont pris une femme étrangère. Cela se retrouve d’ailleurs dans les livres d’Esdras (10, 10-11) et de Néhémie (13, 27). Le livre de Ruth fait donc l’apologie d’une femme modèle, fidèle à sa famille et à Dieu alors qu’elle est d’origine étrangère.

La quatrième est Bethsabée. L’Évangile selon Matthieu, ne nous donne pas son nom, il nous dit simplement « la femme d’Urie », car tout est là. L’important est que le grand roi David a pris la femme d’un autre. Il est même allé plus loin, pour pouvoir s’emparer de cette femme qui lui plaisait, David a envoyé son fidèle général Urie se faire tuer au combat.

Batsheba_met_de_brief_van_koning_David
Bethsabée recevant la lettre de David

Wilem Drost, 1654

Source Wikipédia

La cinquième et dernière est Marie. Cette fois-ci, vous me direz, ouf, pas de scandale, pas de prostituée, pas d’étrangère, pas de femme prise à un autre. Voici une union légitime avec une femme reconnue pour sa sainteté. Pourtant, l’Évangile selon Matthieu nous dit qu’on est pas passé loin du scandale. Petit rappel des faits, toujours chez Matthieu. Marie alors qu’elle est vierge tombe enceinte par la grâce du Saint-Esprit. Or Marie et Joseph ne sont pas mariés, juste fiancé, ils n’ont pas encore eut de relations sexuelles. Joseph ne comprend donc pas la grossesse qu’il assimile naturellement à un adultère. Il décide donc « de rompre secrètement avec elle » (1, 19). Secrètement, car Joseph est un homme bon, il ne veut pas faire un scandale public mais pour autant, il ne veut plus de sa promise. Il faudra une intervention d’un ange pour l’en dissuader.

Ansi donc l’évangéliste a choisi d’intégrer dans la généalogie de Jésus quatre femmes qui pouvaient faire scandale. Deux prostituée (occasionnelle ou de profession), deux étrangères et une femme prise à un proche assassiné (ou tout comme). La généalogie de Jésus ne reflète donc pas une famille parfaite, pur et sans péché depuis milles générations. Elle a, comme toutes les autres, des ancêtres qu’on aimerai oublier. En les rappelant, l’auteur a sans doute voulu favoriser intégration dans le christianisme des païens, des prostituées… N’oublions pas que l’Évangile de Matthieu s’adresse à une communauté judéo-chrétienne. Or celle-ci est encore largement crispée sur ses lois, sa pureté, ses traditions. Cette généalogie apporte donc un message d’ouverture. Comme Ruth, un homme, une femme, étranger-ère peut-être bon. Comme David, ou Juda un juif exemplaire peut pécher. L'important n'est donc pas la pureté de la "race", de l'ADN mais l'engagement personnel.

Ainsi donc, l'étude de ce texte, et bein d'autres, permet d'affirmer que toutes idéologies ou politiques visant à exclure les étrangers, ou une certaine catégorie de la population (prostituées ou autres) ne peuvent pas se réclamer du christianisme.

Écrit le 21 brumaire an CCXVI, 12 novembre 2007

Posté par repsocialiste à 00:38 - Un espace religieux dans un blog laïc - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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